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Hardah lance la première Blockchain native de Suisse Romande dans son application mobile

David Delmi a développé Optima pour son réseau social nouvelle génération et veut faire de Genève la référence blockchain

Par Elsa Floret pour AGEFI

David Delmi a créé sa start-up Hardah en 2015 à Genève. D’un portail web personnalisable, sa plateforme se décline en Hardah Business, sorte de Google Drive 100% suisse, destiné aux entreprises, lancée en mars et Hardah One, une application mobile, qui permet de consulter les images et d’explorer du contenu sur des réseaux.
Il organise une prévente de crypto-monnaies à la rentrée — en monnaie fiduciaire uniquement — et soumise à la LBA, auprès d’une vingtaine d’investisseurs privés suisses de préférence.

A son retour de Chine, rencontre avec David Delmi, fondateur de Hardah, élu «digital shaper» par Digitalswitzerland parmi 14 Romands, sur 100 Suisses.

Vous participiez à la délégation économique genevoise en Chine début juillet, avec une trentaine d’entrepreneurs accompagnant Pierre Maudet. Quels enseignements en avez-vous tiré?
Ce voyage était surtout exploratoire. En étant sur place, je voulais comprendre et me faire un avis sur la Chine innovante et notamment sur le rapport des entrepreneurs chinois avec la blockchain. J’ai d’ailleurs pu constater à quel point ils étaient intéressés par ce que la Suisse et plus particulièrement Genève pouvait leur apporter.

Le canton de Genève se montre précurseur en matière de projets blockchain avec notamment le Registre du Commerce et le lancement récent du guide fiscal pour les ICO.
Absolument et je crois profondément au potentiel du canton de Genève pour la blockchain, perçue comme une technologie et non une idéologie. Un grand travail d’explication est nécessaire. Raison pour laquelle le Whitepaper que nous avons rédigé sur la blockchain est disponible en open source sur notre site. J’encourage tout le monde à le consulter. Ce qui importe est ce que la blockchain peut faire et non ce qu’elle est. Cet actif digital, porteur de crédibilité présente de nombreuses ramifications avec la vocation de Genève.

A la rentrée, la DG DERI organise son comité de sélection de projets blockchain au cours duquel Optima sera au menu des discussions. De plus, un des axes de leur travail est précisément celui de «la tech for humanity», dans lequel la ligne éthique de mon projet Optima s’inscrit. La lutte contre les fake news fait du sens pour Genève.Contrairement au Bitcoin qui consomme plus d’électricité que la Suisse et dont l’impact carbone est colossal, Optima n’utilise pas de minage et est bien plus éco responsable.

La blockchain est-elle suffisamment démocratisée?
Justement non. La blockchain n’est pas encore massivement adoptée. Elle a trop été perçue comme une idéologie dark web, liée à la théorie du complot et de la lutte anticapitaliste post crise de 2008, portée par les adeptes de 1984 de Georges Orwell, qui voulaient créer son propre système financier parallèle. Parmi la cinquantaine de développeurs Bitcoin dans le monde, il est encore très compliqué de trouver du pragmatisme derrière. Le meilleur moyen pour que la blockchain arrive dans tous les foyers passera par les réseaux sociaux. C’est justement ce que fait Hardah One. La blockchain nous permet de résoudre deux des trois problèmes auxquels nous étions confrontés: le manque de profondeur d’information, la lutte contre les fake news et la valorisation des données.
Notre application — qui sera lancée fin 2018 — est une sorte de WeChat européen, soit un mélange d’Instagram et de Google, qui permettra de résoudre le premier problème : le manque de profondeur de contenu. Car chaque utilisateur pourra enrichir sa propre navigation avec des contenus en provenance de toutes les sources du web qu’il aura choisies. Il ne s’agit pas d’une concurrence à Facebook ou Google, au contraire, plus il y a de réseaux sociaux, meilleur est l’échange et l’enrichissement de contenu.
La blockchain permet de résoudre d’emblée les deux autres problèmes: la lutte contre les fake news et la valorisation des données.

Pourquoi les réseaux sociaux n’ont pas recours à la blockchain?
La Chine et les Etats-Unis privilégient la gestion centralisée. En Californie, dans la Silicon Valley, mais aussi à Shenzhen, dans la Silicon Valley chinoise que nous avons visité, les entreprises de tech sont centralisées. Tencent, créateur de WeChat s’est montrée intéressé par notre expertise blockchain. Mais ils en sont loin. Idem en Californie. La décentralisation n’est pas du tout dans leur intérêt, ni dans celui de leur pays. Si Instragram devait reconfigurer toute son architecture en blockchain, ce serait presque impossible. Idem pour Facebook. Optima sera le premier réseau social mondial utilisant la blockchain. Et ce ne sera pas un Facebook bis. Pour prendre une image locale: imaginons que
Facebook soit les CFF et Optima soit Hyperloop. Vous ne pouvez pas avoir un système hybride avec des rails et des wagons d’un côté et de l’autre le train hyperloop d’Elon Musk!

En voulant lutter contre les fake news, la plateforme Optima ne devient-elle pas un média?
Absolument. Il est faux de dire qu’un réseau social n’est qu’une plateforme et non un média. C’est pourtant ce que répète Facebook depuis une quinzaine d’années, avec les dégâts d’image que l’entreprise traverse aujourd’hui. Mark Zuckerberg a maintenu pendant une décennie que Facebook n’était pas un média. Aujourd’hui il le concède à demi-mot. Et bien moi, c’est mon business. Optima est plus qu’une plateforme, c’est un média. Avec la responsabilité qui va avec, soit une information basée sur le qualitatif et non sur le quantitatif. Plus le contenu fourni par l’utilisateur sera de qualité, plus son quotient de crédibilité sera élevé. Tout le monde partira avec un quotient nul au départ, sauf les journalistes, les écrivains, les chercheurs et philosophes que seront crédités d’un certain quotient de base de départ. Nous voulons tirer le partage de contenu vers le haut. Avec la blockchain, c’est clair et transparent. Dans le respect de lois et de la vie privée. Genève apparaît à nouveau très crédible dans cet objectif vertueux. C’est le terroir idéal pour la blockchain.
L’idée et l’objectif c’est de travailler main dans la main avec l’Etat de Genève. Plus largement, l’Europe a un immense rôle à jouer, face aux mastodontes Chine — Etats-Unis dans le développement de la blockchain. Genève est le premier Etat du monde à avoir lancé son guide fiscal pour les ICO. Nous avons ici une vraie crédibilité. J’ai pu aussi m’en apercevoir en Chine.

Vous lancez une prévente de crypto-monnaies à la rentrée. Quel est l’agenda précis d’Hardah pré- ICO?
En effet, cette prévente de crypto-monnaies — en monnaie fiduciaire uniquement — et soumise à la LBA, est lancée, auprès d’investisseurs privés suisses de préférence. Que je vais limiter à une vingtaine. L’ambition serait de parler à des gens comme Peter Brabeck, qui possède une vraie vision long terme. Notre start-up a été créée en Suisse en 2015, sous forme de sarl. Mon objectif est de pouvoir recruter une vingtaine de collaborateurs d’ici 2019, afin de pouvoir préparer l’ICO que nous planifions pour 2019. Jusqu’à ce jour, je suis l’unique actionnaire et j’ai recruté 4 salariés. La Suisse m’a tout donné. Je veux lui rendre et je veux créer des emplois ici. Je crois fermement à la Blockchain Valley, pour Genève comme bassin d’investissement et d’emplois. Avec une représentation aux Etats-Unis et en Asie (Chine ou Japon). D’ici l’ICO prévue en 2019, il s’agit pour moi d’évangéliser. Le lancement de mon application smartphone dépendra du processus de prévente et de cette levée de fonds prévue fin 2018. Qui permettra, je l’espère, de poser les bases solides pour Optima, porte-drapeau de la blockchain à Genève.